Le CORAF revitalise sa web TV pour mieux impliquer les agripreneurs

Le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) préoccupé par les niveaux du chômage en Afrique et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest et du Centre, travaille à revitaliser sa web TV afin de mieux atteindre les agripreneurs actuels et potentiels, grâce à ses innovations et technologies.

Dans le cadre du Programme pour la productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), le CORAF et ses partenaires nationaux de recherche ont généré plus de 200 technologies. Bien que l’adoption de ces technologies soit très encourageante actuellement, il reste encore beaucoup à faire pour inciter les jeunes chômeurs de la région, en particulier à utiliser ces technologies pour démarrer ou renforcer leurs entreprises agricoles.

Baptisée Agripeneur TV, cette chaîne de télévision en ligne est spécialisée dans le domaine de l’économie agricole et s’adresse principalement aux jeunes entrepreneurs. Le projet a été lancé en 2016 avec le soutien financier de la Banque islamique de développement (BID).

Agripeneur TV est dirigée par une équipe de jeunes Africains passionnés et soutenus par des professionnels de l’information et de la communication. Au menu de ses programmes, figurent huit grands programmes.  “L’ACTUALITE” qui couvre tous les sujets récents liés à l’agriculture,  interviews, reportage  etc. “TECHNO FOCUS” qui aborde les questions de technologies et d’innovations agricoles, tandis que “YOUTH’INNOV” se focalise sur les innovations des jeunes entrepreneurs agricoles africains qui réussissent. D’autres programmes tels que “AGRI INVITE” permettent de recevoir sur un plateau ou sur le terrain des personnalités diverses qui tournent autour du secteur agricole autour d’un thème.

“MY AGRI BLOG”, “AGRI’ASTUCE”, “PODCAST” et “MICRO-TROTTOIR” complètent la grille des émissions d’Agripreneur TV.

“La promotion de l’entreprenariat agricole est au cœur de notre plan d’actions. Avec  cet  outil en ligne, nous visons à accélérer l’engagement non seulement avec les jeunes, mais aussi avec tout entrepreneur de notre région. Nous avons des technologies et des innovations à fort potentiel, et nous espérons les diffuser davantage par ce canal “, déclare le Dr Abdou Tenkouano, Directeur exécutif du CORAF.

Ensemble pour lutter contre le chômage et la migration des jeunes

Le sous-emploi des jeunes est une préoccupation majeure pour de nombreux pays en développement, en raison de ses effets négatifs sur l’économie, la stabilité sociale et la sécurité. En Afrique de l’Ouest et du Centre, les jeunes représentent plus de 60 % de la population active. Le pourcentage de jeunes de 20 à 24 ans qui devront terminer leurs études secondaires passera de 42 à 59 % de la population au cours des 20 prochaines années.

Cependant, malgré leur niveau de qualification, le manque d’expérience professionnelle reste leur principal handicap. Bien que de nombreux emplois aient été créés, le marché n’est pas toujours en mesure d’absorber le nombre croissant de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année.

Depuis 2014, le CORAF, avec l’appui de la BID, a mis en place le projet NEYAT (Capacity Building of Youth in Agricultural Entrepreneurship).

Le projet repose sur trois piliers fondamentaux à savoir :

– Mettre en pratique les résultats de la recherche ;

– Renforcer les partenariats entre le secteur de la recherche et le secteur privé ;

– Créer un environnement propice à l’entreprenariat agricole.

Le Secrétariat Exécutif du CORAF coordonne ce projet avec les neuf (9) Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA) du Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Mali, Niger, Nigeria, Sierra Leone et Sénégal.

Ainsi, quinze (15) technologies ont été sélectionnées en fonction de leur capacité à générer plus de revenus et à attirer les jeunes vers l’agriculture.

Le NEYAT a également mis en place un système de tutorat pour consolider les chaînes de valeur agricoles dans divers domaines liés à la production animale, végétale, halieutique, et à la post-production (transformation des produits de la pêche, étiquetage, commercialisation et accès au marché).

A ce jour, sur les 122 mentors sélectionnés, 22 jeunes, dont 11 hommes et 11 femmes, reçoivent une formation pratique en ligne sur les techniques d’utilisation des technologies et innovations “sensibles au genre”.